Éviter un infarctus ou un AVC supposerait simplement de mieux dormir ? C’est ce que pensent les chercheurs de l’INSERM, en collaboration avec le Centre hospitalier universitaire vaudois.
À la suite d’une étude parue dans l’European Heart Journal, ils ont tenté de répondre à cette question, en établissant un lien entre le risque d’accidents cardiovasculaires et certaines composantes du sommeil. À savoir, la durée, le chronotype (les caractéristiques qui déterminent si l’on est plutôt du matin ou du soir), la fréquence des insomnies et les apnées du sommeil.

Pour cette étude, de grands moyens ont été mis en place. Deux enquêtes ont été faites, une première à Paris, comptant 10.157 adultes de 50 à 75 ans, et une deuxième à Lausanne, en Suisse, avec 6.733 participants de plus de 35 ans. Au vu de la grande envergure du dispositif, il aurait été impossible de procéder à un enregistrement nocturne de chacun des participants, les chercheurs ont donc décidé de passer par des questionnaires pour analyser leur sommeil.

Ce questionnaire proposait aux participants un score de 0 à 5 points. Selon les experts, pour avoir un score optimal, il faudrait 7 à 8 heures de sommeil, mais aussi être du matin et ne pas avoir d’insomnies, ni d’apnées ou encore de somnolence excessive en journée. Le résultat de ces deux enquêtes aurait montré que plus le score est élevé, plus le risque d’accident cardiovasculaire est faible.

Les résultats du questionnaire, lancé par l’INSERM, ont démontré que 27% des participants avaient obtenu un score de 4, qui réduit de 38% les risques de pathologies cardiovasculaires. Mais seulement 10% ont décroché un score maximal de 5, réduisant quant à lui 63% des risque.

Cela signifie pour les chercheurs que «près de 60% des accidents cardiovasculaires pourraient potentiellement être évités si les individus présentaient tous un score optimal de sommeil». Pour Jean-Philippe Empana, codirigeant de l’INSERM, un score de 5 atteint par seulement 10% des participants, montre également «qu’en termes de prévention et de promotion de la santé liées au sommeil, il y a un gros travail à faire».

Le message principal que souhaite faire passer l’INSERM n’est pas «de dire aux gens de passer d’un score de 0 à 5, mais déjà, si on améliore une dimension de son sommeil, on réduit d’environ 20% son risque de pathologies cardiovasculaires».

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