Il est présent dans notre corps, mais sa production baisse avec l’âge. Une cure peut-elle changer la donne ?

Très en vogue en Asie et aux États-Unis, où sa meilleure ambassadrice n’est autre que Jennifer Aniston – devenue depuis directrice de la création de la marque Vital Proteins –, le collagène à boire tente depuis plusieurs années de s’imposer dans la routine beauté des Françaises. Et si ces dernières ont mis du temps à se laisser convaincre, le boom récent du marché des compléments alimentaires semble être une nouvelle opportunité pour le collagène à ingérer. Mais est-il vraiment efficace ? On fait le point.

Pourquoi le prendre ?
«Le collagène est une protéine essentielle présente dans l’organisme, responsable de la structure, de la souplesse et de la résistance de nombreux tissus tels que la peau, les cheveux, les os, les tendons et les cartilages, mais également la paroi intestinale», explique Nariné Mikssiyan, responsable diététique et formation du groupe D-LAB. «Le grand drame, c’est que sa production diminue avec l’âge. Ce qui peut entraîner une diminution de l’élasticité de la peau, des douleurs articulaires et d’autres signes de vieillissement. D’où l’intérêt de combler cette perte pour remédier à la baisse de production.» Et si on en offre déjà à notre peau de manière topique avec des crèmes ou des sérums, l’ingérer serait un bon complément, promettent les marques. «Par un phénomène d’hydrolisation, on obtient des peptides (des chaînes courtes d’acides aminés) qui vont pouvoir passer la barrière de l’intestin», explique Sarah Moisan, responsable marketing Vital Proteins. Les peptides pourront ainsi voyager plus facilement dans tout le corps. «Mais il n’y a pas d’étude qui démontre vraiment l’efficacité de ce procédé. Ce n’est pas parce que l’on ingère du collagène qu’on va le garder dans le corps, puisqu’il sera dégradé par la digestion. Mieux vaut privilégier une alimentation équilibrée», prévient le médecin nutritionniste Laurent Chevallier, qui pointe du doigt une nouvelle approche marketing.
Ce n’est pas parce que l’on ingère du collagène qu’on va le garder dans le corps, puisqu’il sera dégradé par la digestion. Mieux vaut privilégier une alimentation équilibrée
LAURENT CHEVALLIER, MÉDECIN NUTRITIONNISTE

Comment le choisir ?Pourtant, sur les réseaux, fleurissent les témoignages de personnes convaincues par cet apport, en cure d’un à trois mois. Sceptique au départ, la naturopathe certifiée Aurélie Canzoneri, auteure d’Une naturopathe dans ma cuisine *, s’est laissé convaincre face aux bienfaits qu’elle a pu constater chez certains utilisateurs. Mais alerte avant tout sur le choix du collagène. Car, là encore, attention au marketing. Tout d’abord, le collagène est souvent marin ou bovin. «Mais jamais végan», assure la naturopathe. Si certains avancent que celui d’origine marine serait plus proche du collagène humain, chez Vital Proteins, qui propose les deux, on parle surtout d’une question de préférence, en soulignant que «le bovin est tout aussi efficace». On distingue ensuite le type de collagène (I, II ou III, même s’il en existe plus de 27 différents). Pour la peau, le I suffit. C’est celui que l’on trouve à 90?% dans notre corps», détaille Aurélie Canzoneri. «D’où l’importance d’en consommer quand on pratique du sport de manière intensive», ajoute Sarah Moisan. Enfin, Aurélie Canzoneri alerte sur la quantité. «Il faut en consommer au moins cinq grammes par jour. En deçà, autant ne rien prendre. Et garder son argent.»

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